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En avant-première : projection du film "Iranien" au cinéma Le Méliès le 26 novembre

En avant première (sortie en salle 3 décembre) :
projection du film "Iranien", grand prix 2014 au festival de Berlin.

mercredi 26 novembre à 20 h 30
Cinéma "Le Méliès"
Centre commercial Croix de Chavaux ( métro Croix de Chavaux, ligne 9)
Prix d’entrée : 4 ou 6 euros selon la catégorie

Le réalisateur Mehran Tamadon participera à une rencontre avec les spectateurs à l’issue de la séance.

Synopsis du film : Iranien athée, le réalisateur Mehran Tamadon a réussi à convaincre quatre mollahs, partisans de la République Islamique d’Iran de venir habiter et discuter avec lui pendant deux jours. Dans ce huis clos, les débats se mêlent à la vie quotidienne pour faire émerger sans cesse cette question : comment vivre ensemble lorsque l’appréhension du monde des uns et des autres est si opposée ?

Le film « Iranien » de Mehran Tamadon : le dialogue impossible, par Patrick Kessel

L’idée est heureuse : filmer les échanges entre quatre islamistes iraniens et un cinéaste laïque avec pour projet d’essayer de définir les règles d’un vivre-ensemble. Le projet est louable car c’est bien évidemment par le dialogue qu’il convient de convaincre de l’universalisme de la laïcité. Le résultat est en revanche triste tant il démontre qu’il n’y a de dialogue qu’entre hommes de bonne volonté.
« Iranien », film de Mehran Tamadon, qui a reçu le Grand prix du Cinéma du réel 2014 et sort en salle le 3 décembre 2014, relève néanmoins le défi. Dans un huis clos, quelque part en Iran, autour de repas partagés entre hommes seuls, l’auteur s’escrime à dialoguer avec quatre mousquetaires de l’islamisme, malins, bien informés de la vie occidentale, afin d’essayer de les convaincre que la laïcité n’est pas une démarche anti-religieuse mais le moyen de garantir à tous la liberté de conscience et l’égalité des droits, en premier lieu entre hommes et femmes.
Les efforts de Mehran Tamadon sont plus que louables. Mais peut-on s’entendre quand l’appréhension du monde des uns et des autres est si différente, si antagonique ? Les quatre mollahs se moquent de la société occidentale, dépravée selon eux, et assènent leurs dogmes pour justifier le sort fait aux femmes, le voile et les interdits.
La nature serait ainsi faite : « l’homme s’excite vite, pas la femme », lâche l’un d’eux pour expliquer qu’il s’agit de protéger les femmes et au fond de respecter un état naturel ! Idem de la justice qui ne peut fonctionner sans la peur de Dieu et du châtiment. Rien n’échappe à cette vision du monde pour laquelle la religion dit ce qui est bon ou mal pour les femmes et pour les hommes qu’ils croient au ciel ou pas. La musique ? Elle suscite une « joie illusoire et passagère ». Pour qu’elle soit saine, il convient « que la voix de le femme ne nuise pas » !
Tout cela suinte le « monomachisme » et la peur de l’autre sexe. La religion, expliquent nos ambassadeurs de l’islamisme, ne peut-être séparée parce qu’elle fonde l’ordre et seule permet de garantir la pureté. Le mot est lâché qui fit tant de millions de morts dans l’histoire : pureté de la foi, de la nation, de la race, de l’idéologie, de la femme ! Ils ne s’en cachent pas : « nous voulons contrôler la société ». C’est la raison d’être de la « République islamique » alors que la pensée laïque est un « poison » !
Mehran Tamadon tente bien de les raisonner en prônant tout simplement une tolérance réciproque. Las, ce n’est pas la République islamique qui est dictatoriale, c’est la société laïque qui s’en prend à la liberté des femmes de porter la burqa ! Vive le relativisme !
Ceux qui, en France, plaident afin que la République adapte ses lois aux revendications des communautarismes religieux, devraient absolument voir ce film qui témoigne malheureusement des limites d’un dialogue qui en l’occurrence n’a rien de socratique !
Au moment où ce film sort à Paris, dans les rues de Téhéran, des jeunes femmes refusant le voile se voyaient le visage aspergé d’acide tandis que le Parlement débattait d’un projet de loi renforçant la police des moeurs.
Mehran Tamadon voulait donner une chance au vivre-ensemble. Il a été servi. Il a été interdit de sortie de territoire pendant plusieurs mois et ne peut désormais plus en fouler le sol. Son film est une belle contribution au débat.

Patrick Kessel

SOURCE DE L’ARTICLE
http://www.laicite-republique.org/iranien-le-dialogue-impossible.html